
Slowheat n’est pas la seule démarche de sobriété thermique. Vous connaissez peut-être le projet Confort Sobre, mené en 2024-25 par Pascal et Amélie Lenormand, Gaëtan Brisepierre et Mathilde Joly-Pouget. Ou le « Projet Chaleur » proposé par Lucile Sauzet, Melissa Portilla et Gaëlle Pinson.
Les liens entre ces démarches sont tellement évidents que nous avons fait l’exercice de mettre ensemble par écrit ce que nous avions en commun. Et ce qui au début n’était imaginé que comme une courte tribune est finalement devenu un manifeste, que vous pouvez consulter et signer sur www.artdevivrelachaleur.org.
L’objectif : se mettre en réseau et montrer, par le nombre et la qualité des signataires que la sobriété thermique n’est pas (seulement) une idée théorique. C’est une approche qui touche largement, qui se veut complémentaire aux efforts de rénovation, mais en visant des moyens plus agiles, des échelles de temps plus courtes, et qui fait le pari d’associer aux solutions matérielles l’intelligence collective et la montée en compétence des habitants.
N’hésitez pas à partager et porter haut ce manifeste, dont voici les grandes lignes, résumées en 10 idées-clés :
- Le “confort moderne” est une construction sociohistorique devenue inadaptée au regard des enjeux actuels (environnementaux, sociaux, géopolitiques).
- Plusieurs recherches et expérimentations récentes démontrent qu’il est possible de bien vivre tout en réduisant le recours au chauffage et à la climatisation.
- Il n’y a pas de température idéale de chauffage / climatisation, mais des besoins thermiques variés et tous légitimes, qui peuvent être satisfaits par une diversité de moyens.
- La fabrication du confort doit (re)devenir une compétence qui s’apprend et se transmet, plutôt qu’être systématiquement déléguée à la technologie.
- La conception des objets techniques (bâtiments, équipements…) gagnerait à intégrer les usagers comme un acteur de leur confort thermique, disposant de savoir-faire.
- La sobriété thermique ne devrait plus être stigmatisée (“précaire”, “écolo”…) mais au contraire faire l’objet d’une reconnaissance sociale et être valorisée.
- L’adoption de ce confort sobre ne doit pas être présentée comme un “effort” mais reposer sur le collectif, le plaisir, l’autonomie, le sens…
- Un changement d’échelle demande de secouer les cadres collectifs et institutionnels de la normalité thermique, et de laisser plus de place à l’expérimentation.
- Ces changements de pratiques ne remplacent pas la rénovation énergétique, ils la complètent et peuvent même en augmenter l’effet.
- Chacun peut déjà agir sans attendre en faveur de cet autre confort, en tant qu’habitant·e, professionnel·le, citoyen·ne·…

