Avoir chaud dans une maison froide.

Dernière mise à jour : 18 juil.

Un article du low-tech magazine partagé sur la plateforme SlowHeat avec l'autorisation de son auteur Kris De Decker. Traduit par: Benito Reins.


L'article qui suit, rédigé par Kris De Decker, décrit assez justement les concepts et fondements théoriques de ce que nous mettons concrètement en œuvre à Bruxelles dans le projet de recherche SlowHeat.


Le chauffage nécessite une grande consommation d’énergie fossile dans les climats froids. Pour la plupart des professionnels du secteur, la solution à cette forte dépense énergétique des systèmes de chauffage réside dans l’amélioration de l’isolation thermique.

Une maison bien isolée peut en effet faire baisser la dépense énergétique de façon spectaculaire, jusqu’à parfois supprimer le besoin d’installer un système de chauffage : la chaleur produite par les occupants, par les appareils domestiques et par le soleil suffit alors à assurer le confort thermique. L’orientation des bâtiments (ou de toute une ville) par rapport au soleil est un second facteur d’importance qui peut rendre inutile le chauffage. Pour les bâtiments neufs, l’architecture et l’orientation sont plus importants pour l’efficacité énergétique que le choix d’un système de chauffage, dans le cas où il faudrait en choisir un.

Par contre, lorsque nous nous tournons vers les bâtiments existants [comme à Bruxelles, Région déjà densement construite], les choses sont plus complexes. Il y a plusieurs stratégies d’isolation du bâti ancien, mais leur efficacité sur la consommation d’énergie est souvent limitée par rapport à ce que l’on atteint pour un bâtiment neuf. En plus de cela, l’isolation du bâti ancien peut être onéreux et certaines méthodes “prêtes à poser” peuvent induire des problèmes, tels que des fissurations, des sensibilités au gel, des moisissures et de l’humidité. Et bien entendu, réorienter vers le soleil un bâtiment existant n’est pas une mince affaire.

En se reposant seulement sur l’isolation, l’énergie solaire et l’architecture bioclimatique, il nous faudra beaucoup trop de temps pour solutionner la problématique de la consommation énergétique des bâtiments.


En se basant sur le nombre de constructions neuves chaque année en Hollande, il faudrait attendre 88 ans avant que le secteur du bâtiment hollandais n’atteigne totalement les normes d’isolation actuelles. Et cette constatation ne prend pas en compte l’énergie requise pour démolir le vieux bâti et reconstruire le neuf. Si nous désirons sérieusement réduire notre dépendance aux combustibles fossiles, nous aurons donc aussi besoin de trouver des solutions à court terme qui permettent de baisser sensiblement la consommation d’énergie dans les bâtiments existants.


Le chauffage localisé comme alternative à l’isolation