Le froid, ce "mal" qui nous veut du bien

Dernière mise à jour : 25 mars

On est nombreux à avoir cette idée en tête : Le froid, ça rend malade et c’est inconfortable. Ca peut même tuer !

Le froid, nous le côtoyons la moitié de l'année mais au-delà des "on-dit", le connaissons-nous vraiment bien?


Il est évident qu’un froid trop intense ou trop prolongé est dangereux, car il provoque des blessures localisées telles que les engelures, ou une réduction globale de la température du corps (hypothermie) aux conséquences funestes.

Dans un environnement sans vent, ce risque apparait lorsque les températures sont négatives. Ce qui laisse une certaine marge.

Sources: INRS, trimestriel Références en santé au travail n°160, décembre 2019, page 37 [https://www.inrs.fr/dms/inrs/CataloguePapier/DMT/TI-TC-167/tc167.pdf]

Mais quel est l’impact sur notre santé d’un froid modéré ? Est-il vraiment néfaste ? Et si, grâce à lui, notre corps se trouvait renforcé ?


Voyons ce que dit la science des impacts du froid "doux" sur notre santé.


L’équipe du professeur van Marken Lichtenbelt de l’Université de Maastricht travaille sur ce sujet depuis longtemps, et a produit de nombreuses publications. En particulier, un review particulièrement clair en 2017, sur lequel se base cet article[1].


Les auteurs se concentrent sur les effets bénéfiques de l’exposition au froid "doux". Ce froid "doux" est défini comme étant celui qui ne va pas jusqu'à nous faire trembler, frissonner, soit toutes les ambiances sous « la norme » de 19-20°C avec un minimum estimé entre 14 et 16°C pour un adulte normalement vêtu et en bonne santé (Celi et al., 2010). Difficile d’être très précis, car il y a une grande variabilité entre individus, ainsi qu’une capacité du corps à s’adapter à des températures fraîches répétées. Globalement, on parle donc ici de toutes ces ambiances qui seront décrites comme froides ou fraîches, dans lesquelles le corps réagit à une température basse, notamment par une augmentation du métabolisme, mais sans aller jusqu’à déclencher ce mouvement involontaire caractéristique qu’est le frissonnement. On est donc dans des formes adaptations physiologiques moins perceptibles, et donc moins gênantes a priori.


Les études auxquelles ces chercheurs font référence dans leur review, dont beaucoup ont été réalisées par leur équipe, se basent sur l’exposition de volontaires à des cycles de températures fluctuant entre les ambiances « classiques » et des situations plus froides, en général plusieurs heures par jour pendant quelques semaines. Pour cela, les volontaires sont invités à passer une partie de leur journée dans des chambres climatiques, c’est-à-dire des locaux dans lesquels les conditions d’ambiance sont contrôlées avec précisions. Leur habillement, niveau d’activité, etc. sont alors mesurés, ainsi que différents paramètres physiologiques.