Les vannes thermostatiques sont généralement graduées de 1 à 5, et pas sur une échelle de température. Il y a une raison à cela : le fabriquant de la vanne thermostatique est incapable d’évaluer a priori quel devra exactement être la force de poussée de la vanne (liée à la température autour de celle-ci) nécessaire pour contrer la résistance liée à la pression dans le circuit d’eau, qui peut varier selon les installations. Ajoutons à cela le fait que la température mesurée au niveau de la vanne n’est pas celle ressentie au milieu de la pièce. On comprends que le fabriquant préfère ne pas trop s’avancer sur des valeurs en degrés. Mais on trouve néanmoins facilement des tables d’équivalence en ligne. 

Exemple de table d’équivalence entre le réglage de la vanne thermostatique et la température d’ambiance, repris de energuide.be

Que pensez de ces équivalences ? Méfiez-vous. Elles sont établie dans des conditions précises, qui peuvent largement différer avec celles chez vous, ou répétées de site en site au départ d’une référence qui s’est perdue dans les abîmes du temps.

Pour avoir une réelle équivalence, la solution intelligente est de suivre un petit protocole pour mesurer dans votre cas particulier à quelle température correspond chaque réglage. Voici comment nous avons fait dans une salle de classe qui tentait l’expérience du slowheating :

  1. First things first : Nous avons expliqué aux enfants et enseignants que toutes les vannes du local devaient être réglées sur la même position pour que l’installation fonctionne correctement. Ceci étant clarifié, nous pouvions commencer. 
  2. Les enfants ont placé sur chaque radiateur un écriteau permettant d’indiquer le réglage testé pendant la semaine en cours. 
  3. Ce réglage était rediscuté toutes les semaines par les enfants, dans l’idée de descendre progressivement jusqu’à trouver la limite inférieure tolérable par ce groupe. 
  4. En parallèle, des enregistreurs de températures étaient placés dans le local : pas directement au niveau des enfants, pour éviter les manipulations malheureuses, mais le plus proche possible malgré tout, et évidemment à l’abri de toute source de chaleur parasite (soleil, radiateur, …)

Les résultats sont reproduits ci-dessous. Pour chaque semaine, il faut regarder la limite basse des températures (il n’y avait pas d’arrêt nocturne du chauffage), les pics correspondant aux apports de chaleur par le soleil et les occupants.

On voit assez clairement que dans ce cas-ci, les correspondances réglage-température d’air étaient assez loin des valeurs qu’on trouve en ligne :

  • Position 3 : 22,5°C
  • Position 2 : 20°C
  • Position 1,5 : 18°C
  • Position 1 : 16°C

Est-ce grave ? Oui. Si on suit les valeur génériques, et en se disant que le confort « standard » est autour de 20°C, on mettrait la vanne sur 3 ou 4. Dans notre cas, cela mènerait à plus de 22°C, et a priori personne ne s’en rendrait compte. Conséquence : près de 20% d’énergie gaspillé. 

Faire ce petit exercice est donc utile pour déconstruire les automatismes qu’on est nombreux à avoir dans l’usage de ces vannes, et développer sa compréhension de ses réels besoins thermiques. 

A noter : cette classe est restée sur le réglage 1 toute la fin d’hiver, sans difficulté majeure, avec simplement quelques plaids et bouillottes électriques. 

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