Que me propose-t-on pour répondre à mes besoins de chaleur et répondre aux enjeux précités ?
Contrairement aux envies, qui peuvent être non-assouvies sans autres conséquences directes qu’une gêne plus ou moins aigues (les jacuzzis, les soirées dansantes…) se chauffer est un besoin (sous nos latitudes). On ne peut donc pas se contenter de “s’en passer” purement et simplement. Alors quelles solutions avons-nous ?
Hors SlowHeat (rénolution OU la retenue)
Pour chauffer moins on peut isoler, remplacer ses châssis, installer une ventilation double flux et/ou remplacer sa chaudière par une plus performante. Toutes ces dispositions reviennent à conserver le principe du chauffage central en faisant en sorte que cela “pique” moins en fin d’année. À Bruxelles le plan de rénovation global porte le nom de “rénolution”.
Ce grand plan de rénovation décrit les objectifs et les moyens d’y arriver d’ici à 2050.
Il faudra le faire à une cadence infernale (le plan prévoit de tripler la main d’œuvre, le taux de rénovation et les matériaux engloutis ; ce qui n’est pas une mince affaire) et intelligemment (avec des matériaux biosourcés, renouvelables…mais aussi en priorisant les interventions).
Même si tout se passe sans embuches, le plein potentiel ne sera pas atteint avant des décennies. A ce moment-là nous consommerions en moyenne deux à trois fois moins, probablement à peine de quoi compenser l’évolution des prix d’ici là. Si tout se passe bien, en 2050 tous les logements auront été rénovés mais ça ne s’arrête pas là. Les premiers logements à avoir été rénovés auront probablement besoin d’une remise en état quasi-totale des installations et des isolants, de sorte que c’est une boucle sans fin qui s’engage.
Rénover c’est mobiliser beaucoup de matériaux et dépenser en moyenne 100 000€ sur 30 ans (±250-300€ par mois) pour maintenir ses factures probablement inchangées. Que cet argent soit privé ou public n’y change pas grand-chose, ce sera toujours au détriment d’autres intérêts c’est pourquoi la rénovation doit être pertinente et adaptée plutôt que systématique et standardisée. Mettre les moyens humains et matériels (qui sont par nature limités) là où ils ont le plus fort impact positif.
Hors SlowHeat on peut aussi faire des efforts, des concessions avec le système de chauffage en place mais nos recherches montrent que la marge d’économie est limitée, l’effort est constant et la tentation de remonter d’un degré nous guette.
Et SlowHeat alors ?

Dans SlowHeat on quitte l’idée de vivre avec un système qu’on n’a pas le droit d’utiliser à son plein potentiel mais seulement dans un mode “dégradé”, un peu comme si vous deviez rouler au pas avec une Ferrari, c’est frustrant ! L’idée c’est d’inventer, d’imaginer un système différent dans lequel on peut “y aller”, être libre et pas dans la retenue constante. Et c’est vachement plus chouette de rouler à fond à vélo, cheveux aux vents, qu’en zone trente avec son SUV, on vous l’assure ! Pour le chauffage c’est pareil !
Alors bien sûr le passage de l’un à l’autre n’est jamais évident, c’est pourquoi nous ne nous contentons pas de décrire notre philosophie du chauffage, nous vous donnons également, pas à pas les clés pour y parvenir en vous partageant l’expérience que nous avons acquise depuis que nous avons commencé à explorer ce nouvel horizon en 2020.
Contrairement à la rénovation, vous pouvez vous y mettre dès aujourd’hui en poursuivant la lecture de ces fiches. À l’opposé de discours sur les « efforts à fournir », ici, vous ne devez pas revenir en arrière et baisser votre confort, avec Slow Heat, c’est vers la nouveauté que vous vous tournez avec plein de choses à découvrir, apprendre, explorer, manipuler…
A quoi dois-je m’attendre ?
Comme quand on passe de la voiture au vélo, de Windows à Apple ou d’un appartement à une maison, il y des choses que l’on va gagner, d’autres que l’on va perdre. Des avantages et des inconvénients.
Les principaux bénéfices
- Au moins 20% d’économie de chauffage. Probablement entre 30 et 60% et jusqu’à 100% (95% déjà observé dans le projet). Cela représente en moyenne plus de 2000€ et 2Tonnes de CO2 par an d’économisé (aux prix de septembre 2022).
- Je récupère la maitrise de mon logement et de mes consommations.
- Cela soulage de savoir qu’on peut se passer d’une bonne part d’énergie si nécessaire.
- Comme je chauffe moins, je peux ventiler beaucoup plus sans gaspiller autant d’énergie et donc bénéficier d’un air beaucoup plus sain chez moi.
- L’air est moins sec.
- Je permets à la Belgique et l’Europe (et donc moi) de moins dépendre des aléas géopolitiques.
- La demande baisse ce qui pousse les prix à la baisse.
- On stimule notre corps qui en sort renforcé et plus en forme.
Quelques autres bénéfices
- Le frigo consomme au moins 20% en moins.
- Quand on s’intéresse au chauffage on finit par s’intéresser à nos autres consommations et à se prendre au jeu.
- C’est l’occasion de passer plus de temps ensemble au sein du ménage mais aussi entre différents ménages : soirées jeux de sociétés, raclette, pizza, crêpes…
Les principaux inconvénients
- Il faut réapprendre à fabriquer sa chaleur, en discuter avec les cohabitants, les invités.
- Il n’existe pas de protocole tout fait pour inviter des proches dans un logement froid. Comment faut-il faire ? C’est en étant créatifs et en partageant nos essais réussis qu’on définira une nouvelle façon de faire qui deviendra la norme.
- Il faut prendre le temps d’observer et comprendre son logement, jouer avec les fenêtres, les portes… (un grand pouvoir [sur sa facture] implique de grandes responsabilités… )
- Comme pour l’alimentation et la mobilité : si on est en avance sur nos proches et la société dans notre transition on peut se trouver face à des incompréhensions (mais souvent quand ils prennent connaissance de votre nouvelle facture, l’intérêt grandit)
- Les objets qui permettent de chauffer localement (capes, radiants…) ne sont pas très répandus, rarement esthétiques et encore moins adaptés à l’usage que l’on en fait. Nuls doutes cependant que quand la pratique aura percée, les entreprises rivaliseront de créativité pour s’emparer de ce nouveau marché et proposeront des produits bien plus adéquats, faciles et beaux.
Quelques inconvénients anecdotiques
- Les réunions en Visio avec votre grosse polaire : en fonction de votre employeur et de son éveil aux enjeux socio-écologiques cela peut-être une source de gêne.
- Fini de pouvoir porter confortablement n’importe quoi, n’importe quand. On s’habille en fonction de la température plutôt que de monter le thermostat pour pouvoir se trimballer en t-shirt
Mode d’emploi
« Si c’était si facile tout le monde le ferait.” Orelsan.

Comme on ne se lance pas dans un marathon sans bonne préparation, dans SlowHeat c’est pareils’y aller progressivement, en commençant par vous constituer une base minimale d’outils et de connaissances nécessaires pour la suite de l’aventure.
Pour vous accompagner dans la démarche, vous disposez de fiches en ligne qui sont très pratiques pour retrouver de l’info et piocher dans les fiches qui vous intéressent.
Les fiches sont classées dans un ordre chronologique qui suit une certain logique mais rien ne vous empêche d’aller lire plus loin des étapes qui vous intéressent. Elles sont là pour vous aider à changer vos pratiques de chauffe et vous mettre en capacité de faire les bons choix chez vous et pour vous. Ce n’est en aucun cas une méthode ou une recette universelle qu’il faudrait suivre religieusement. Il s’agit principalement de vous redonner la maitrise de votre environnement énergétique, d’éveiller certaines réflexions et vous inviter à explorer un certain nombre de chose dans un certain ordre logique.
Adoptez un rythme
Que vous ayez dévoré, survolé ou lu attentivement nos fiches, sachez qu’on ne va jamais trop vite et jamais trop lentement. L’important dans la poursuite de votre découverte de Slowheat sera d’aller à votre rythme. Ça n’empêche pas de sortir de votre zone de confort et de vous challenger de temps en temps ou au contraire de prendre une pause.
Se poser la question du rythme pourra vous aider, vous et vos cohabitants. Discutez-en avec eux. À vous de trouver votre formule parfaite ! Pour vous inspirer nous vous partageons celle qui marche bien en général : Se réunir chaque semaine à une heure fixe (par exemple le dimanche après le repas). Décider de prendre un temps ensemble pour partager vos avancées jusqu’à ce que la quantité de nouvelles informations ou les actions à mener semblent suffire pour aborder la semaine la tête pleine de nouvelles choses à intégrer, observer, tester…

