C’est quoi le confort ? Comprendre nos besoins de chaleur

Commençons par se poser la question suivante : le confort moderne correspond-t-il à nos besoins réels ?

Le confort moderne : tentative de définition

Concernant le chauffage, mais pas que, le confort moderne consiste à dépenser énormément d’énergie pour nier notre environnement, le neutraliser, l’aseptiser. Il consiste à tout faire pour ne rien avoir à ressentir et ne pas solliciter, stimuler les corps.

Le confort actuel c’est donc de ne plus rien ressentir, vivre dans du "rien”, tellement dépourvu de reliefs et de variations qu’il se fait oublier.

Ce confort moderne n’est pas forcément bon pour nous.

Le confort moderne, s’il peut parfois être trouvé agréable et réconfortant (comme l’est un bon paquet de frite), n’en est pas pour autant que positif pour nos corps : le corps a besoin d’être stimulé par son environnement. Il faut dissocier l’agréable, le confortable de ce qui est bon pour le corps et la santé. L’un n’est pas nécessairement positif pour l’autre.

Le monde vivant a évolué et s’est constitué dans un environnement dans lequel les saisons rythment la vie. Un monde dans lequel il fait noir et frais la nuit, chaud et clair le jour, Ces rythmes sont des repères pour nos corps et nous aident à le garder vigoureux, au meilleur de ses capacités, en alerte et productif. Nos corps se sont adaptés à ces environnements dynamiques pendant des millénaires et ne sont pas adaptés aux ambiances artificielles modernes. Aujourd’hui nous passons >90% de notre temps en intérieur dans des ambiances aseptisées qui, en plus de nous ramollir, de nous priver d’incroyables facultés, ne permette pas au corps de fonctionner correctement.

NB : Ce fait ne doit pas être compris comme un “appel à la nature” sans concessions qui considèrerait que si c’est naturel alors ce serait nécessairement bénéfique pour nous ; Il existe plein de choses « naturelles » néfastes pour nous. Il faut donc évidemment se prémunir des situations extrêmes et néfastes pour la santé. Tout est question d’équilibre. Ainsi, métaphoriquement, se mettre à courir 40km sans entrainement est néfaste pour nous mais ce n’est pas une raison pour rester affaler dans le divan : ne pas bouger de notre canapé (le confort moderne) est tout aussi mauvais et limitant. Pour exprimer son plein potentiel notre corps à besoin d’être stimulé, hors de sa zone de confort, mais pas dans l’excès.

Le confort moderne a une efficacité énergétique problématique

Pour rencontrer cette utopie d’une chaleur moderne et globale, quand l’hiver arrive et que la météo fraichi, notre chaudière se déclenche et brule autant de combustible qu’il faut pour maintenir une certaine température d’air tout l’hiver.

On chauffe donc “à température” un fluide : l’air. C’est pratique un fluide : il se mélange, se disperse, s’homogénéise, va partout et prend place dans chaque recoin du logement afin de minimiser le risque de ressentir quoi que ce soit. « Le rêve ! » [<==Ironie].

On chauffe donc ce fluide, l’air, pour maintenir les occupants au « bain-marie ». Le problème c’est que le contenant « logement » est fortement surdimensionné par rapport à nos petits corps. Ce contenant, en plus d’être beaucoup trop grand par rapport à l’occupant qu’il doit chauffer est également plus proche de la passoire que du thermos.

Parlons un peu « d’équilibre thermique »

Pourquoi se chauffe-t-on au final ?

Notre besoin de chaleur en hiver vient du fait que notre corps (37°C), placé dans des pièces plus froides que lui, se refroidit constamment. Mais comme un corps au repos produit ±100Watts de chaleur, il peut se réchauffer par lui-même et compenser ce refroidissement. Il se refroidit aussi vite qu’il se réchauffe : on dit qu’il est en équilibre thermique.

Si cet équilibre vacille car il fait trop froid, on parlera d’hypothermie. Mais avant d’en arriver là, il y a du chemin. Bien avant l’hypothermie, une gêne, un inconfort survient quand notre corps n’arrive plus à produire assez de chaleur de façon « normale ». À ce moment il va commencer à la produire en frissonnant, ce que n’est pas franchement agréable si cela dure plus d’un certain temps.

Cet équilibre thermique est